Le poète André Fouad qui vit en Floride a gagné le trophée de « La plume ailleurs de la littérature haïtienne ». Cette distinction lui a été décernée le 17 novembre dernier lors de la deuxième édition du spectacle « La nuit des Trophées » au Rex Théâtre. Le poète qui n’a pas pu être présent à la cérémonie s’est dit honoré de cette récompense. Il a répondu à nos questions. Vous venez de remporter le trophée de « La plume ailleurs de la littérature haïtienne ». Avec quel sentiment accueillez-vous cette distinction ?
André Fouad : J'ai reçu cette nouvelle avec beaucoup de joie et surtout de reconnaissance. Reconnaissance envers Dieu qui m'a donné le talent et l'inspiration. Reconnaissance envers ma famille (ma mère Jésula André Placide, mon frère, le designer David André...), qui me supportent et, enfin, reconnaissance envers tous ceux et toutes celles qui croient en mes potentialités artistiques. Quelle importance accordez-vous à un tel prix ?
André Fouad : Je pense que tout prix revêt d'une importance capitale à mon avis. Ce nouveau prix va m'inciter à piocher davantage. Ça va m'inspirer en quelque sorte, d'autres projets, d'autres initiatives littéraires. Vous aviez été absent au Rex Théâtre. Pourquoi ?
André Fouad : J'ai reçu la lettre d’invitation concernant ma nomination à cette nuit des trophées via facebook, une semaine avant la proclamation des résultats. Vu mes obligations aux USA (travail, activités artistiques...), je ne pouvais pas faire le déplacement le 17 novembre dernier. Je m'excuse auprès du public et surtout du comité d'organisation. Vous avez été distingué en maintes occasions en Haïti et dans la diaspora. Parmi ces prix, il y en a-t-il un qui exerce beaucoup plus d’effet sur vous ?
André Fouad : Tous les prix ont le même effet sur moi. Ils constituent des catalyseurs, de l'essence même pour le plein épanouissement de ma carrière littéraire. Quand est-ce que vous comptez rentrer en Haïti et dans quelle perspective ?
André Fouad : Si le ciel m'octroie la possibilité, il se peut bien que je fasse plusieurs voyages en Haïti pour l'année prochaine. Tout d'abord, à la fin du mois de janvier 2010, pour visiter ma famille. En juin, pour la grande foire du livre « Livre en folie » dans le cadre de la parution de mon troisième recueil de poésie qui sortira chez Educavision sous la houlette de Me Féquière Vilsaint. Quels sont vos projets à court et à moyen terme ?
André Fouad : L'un des projets que je chéris à court terme, c'est la publication de mon troisième livre de poésie et l'implantation de ma compagnie de production, Métisses, visant l'encadrement et la promotion des jeunes talents haïtiens encore sous les talons.
J'ai commencé par l'organisation de mon show artistique, Métisses Night, tous les jeudis de 9 h à 12 h p.m. au restaurant Premier (5943 West Oakland Park, Lauderhill, Florida) en attendant le lancement officiel de la production d'ici l'année 2010.
Maintenant, il faut penser aux jeunes, ceux-là qui épousent la qualité, le travail bien fait et non la « médiocratie », pour parodier le sociologue haïtien Jean Pierre Brax dans son livre « Chronique de la société haïtienne ». Dany Laferrière et Lyonel Trouillot ont remporté respectivement les Prix Médicis et Wepler cette année. Quel regard portez-vous sur ces succès des écrivains haïtiens à l’étranger ?
André Fouad : Je tiens à présenter mes plus vives félicitations à mes aînés Lyonel Trouillot et Dany Laferrière qui ont fait flotter le bicolore national à l'étranger durant cette année aux côtés de Dominique Batraville, Edwidge Danticat, Emelie Prophète, Louis Philippe Dalembert.
Une fois de plus, ils m'ont prouvé une chose que c'est le secteur culturel qui permet aux autres nations de nous voir différemment, sous de nouveaux angles à travers les journaux de renom, les sites Internet et les grandes chaînes de télé.
Je souhaite que l'État haïtien, notamment les ministères des Affaires étrangères et de la Culture, puisse exploiter de pareilles initiatives pour projeter une autre image de notre pays. Que ces écrivains soient enfin honorés de leur vivant sur leur terre natale. La balle est dans votre camp, Messieurs les dirigeants !
Propos recueillis par Leclerc Jean Charles leclercjeancharles@hotmail.com