2010:BREVES REFLEXIONS AUTOUR DE LA MUSIQUE RACINE
Je ne cache jamais mon amour pour le "Roots" charriant des messages socio -educatifs et spirituels par rapport aux autres tendances dominant le paysage musical haitien.
A dire vrai,de nos jours, je suis tombe dans une profonde tristesse, en constatant l'etat de lethargie dans lequel est plonge la plupart des groupes avant gardistes de ce mouvement.
Depuis un bon bout de temps, les groupes racines (rares pour la plupart) se resument aux periodes carnavalesques. Certains en profitent pour faire leur apparition sur la scene. D'autres, consideres comme les tenors, se lancent dans des chansons faisant soit l'apologie du pouvoir en place ou d'un quelconque parti pour qu'ils aient la possibilite de trouver un char durant les trois jours gras.
Ressassant les memes rythmes, les memes tempos, les memes refrains... la parole de nos "sambas" frise la monotonie, la propagande meme. Du pur voye monte. Le cas du samba Kessy de Koudjay durant les premiers mandats d'Aristide, Fredo de Kampech, Rev de Ti Pay en sont des exemples vivants, flagrants.
Apres le mercredi des cendres, c'est le calme plat. Le silence presque total des groupes. Rendez-vous a l'annee prochaine. Manque de production quasi-generalise. Absence sur les grandes scenes locales et internationales. Absence dans les medias (radios,t.v) et au niveau du net.
Mis a part Ram toujours a l'affiche dans son local mythique, tous les jeudis a l'hotel Oloffson, Boukman Eksperyans quelquefois sollicite a l'etranger, qui ne vit que du succes qu'il a obtenu depuis son premier opus "Vodou Adjae" (1991) produit par Island Records.
A l'aube de cette nouvelle annee, la bande a Theodore Beaubrun jr (Lolo) n'est plus ce qu'elle etait auparavant et ceci depuis le depart du chanteur Eddy Francois et de son bassiste arrangeur Jn Daniel "Daddy" Beaubrun, fondateur de son propre band "LATAYE" a New York aux cotes de sa soeur Marjorie Beaubrun.
Elle affiche une baisse musicale presque generalise. Et je pense que ce tenor a besoin de se renouveler considerablement.
Le Boukan Ginen si en vogue durant les annees 90 s'est dissout malheureusement. Le band leader Eddy Francois residant aux U.S.A(Tampa) a decide de faire cavalier seul. Deja deux albums sont dans les bacs "Zinga" (in parallele), et "Djohu" (Soley Sounds).
Notre Azor (Lenord Fortune ) national essaie tant bien que mal de tenir le flambeau, malgre vents et marees avec son RACINE MAPOU.
La plupart des membres influents des groupes racines ont pris le large depuis belle lurette, notamment aux U...S. A . Decouragement? Raison politique ou raison economique? Strategie? I don't know! En exemple, les deux pilliers de "Chandel", Mario Morose et Sergo Pierre Louis resident tous aux U.S.A ainsi que le fameux guitariste et arrangeur Vladimir "Jimmy" Jean Felix de Boukan Ginen.
Cote production: on peut compter sur les doigts, le nombre d'albums parus au cours de ces cinq dernieres annees (a ma connaissance, les deux derniers en date "Regleman" d'Erol Josue et "Djohu" d'Eddy Francois) et le nombre de festivals mettant en exergue les groupes et artistes qui logent a cette dite enseigne, soit en Haiti ou a l'etranger.
Ou sont passes les Foula Vodoule,les Zobop, les Alovi Yahwe...
A-t-on peur de la musique racine? Qui a interet a le faire? Et pourquoi les promoteurs ne s'y interessent pas? Quelle direction devrait-on donner a ce mouvement si prometteur a sa genese, pouvant redonner l'espoir a la musique haitienne a l'echelle internationale?
Autant de questions qui me grondent dans la tete,en auditionnant le premier CD de Boukman Eksperyans "Vodou Adjae" nomine dans la categorie "World Beat" grammy awards en l'annee 1992.
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